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Mon p'tit chemin
Une enfance débordante d’images à la fois paisibles, fortes et terrifiantes… L’insouciance des premières années gorgées de soleil sur les plages méditerranéennes de la Salamandre ou des Sablettes à Mostaganem. Et puis bien sûr la guerre, omniprésente depuis les premiers mois de l’existence, des images presque quotidiennes de sang versé, ce bruit si particulier des rafales de mitraillettes claquant dans la nuit, la peur, le vacarme assourdissant des 9 cylindres des T6 se jetant à l’assaut du bled avec leur cargaison de napalm illuminant les ténèbres. Les cris, le sang, les larmes. Puis l’exil, à l’âge de six ans.

alain marquinaEt la musique, comme un baume dans la grisaille de la métrople, qui apaise et rappelle les chaleurs et l'insouciance de ces ciels où il fait toujours bleu, rythme alors en alternance l’enfance et l’adolescence. Et tout particulièrement les accords de ce moustachu si souriant, lui aussi exilé longtemps à Paris loin de son sud natal. Étudiant à Paris, ce sont les cabarets de Montmartre et les premiers cachets, grâce auquels on va aplaudir Brassens à Bobino.

Une vie partagée entre une profession de réalisateur-photographe et la chanson, comme maîtresse exigeante. Les copains d'abord ce fut les deux groupes avec lesquels je mis ma vie en musique:
les "Hiboux de passage", puis les "Oiseaux rares", tous deux mettant à l'honneur la chanson française, Brassens, Brel, Ferré...

Comme une terre promise, la troisième partie commença avec le Paris-Méditerranée, terminus en gare de Sète, pour vivre avec une sirène du lieu, loin des grisailles du nord. Depuis mon petit bonhomme de chemin emprunte les rues sètoises aux parfums de tielles et d'iode marin et la plage de la Corniche n'est plus seulement un passage de la Supplique.

Alain Marquina